Quel taux d'intérêt pour un prêt entre particuliers ?
Entre particuliers, le prêt est gratuit sauf si vous décidez du contraire. Si vous prévoyez des intérêts, trois règles s'appliquent : le taux s'écrit, il a un plafond, et les intérêts sont imposables.
Un prêt gratuit par défaut
Le Code civil permet de stipuler des intérêts (article 1905), ce qui signifie qu'à défaut de stipulation il n'y en a pas. La grande majorité des prêts familiaux sont consentis à 0 % : l'emprunteur rend exactement ce qu'il a reçu.
Un prêt gratuit n'entraîne aucun impôt, ni pour le prêteur ni pour l'emprunteur. Il doit malgré tout être déclaré s'il dépasse 5 000 €.
Si vous prévoyez des intérêts
Le taux doit être écrit
L'article 1907 du Code civil exige que le taux convenu soit fixé par écrit. Un accord verbal sur les intérêts ne vaut rien : à défaut d'écrit, c'est le taux d'intérêt légal, publié chaque semestre, qui s'applique.
Le taux ne peut pas dépasser le taux d'usure
Le taux d'usure est le taux maximal auquel il est permis de prêter. Il est calculé par la Banque de France et publié chaque trimestre, par catégorie de prêt. Un prêt consenti au-dessus de ce plafond est usuraire : les intérêts excessifs doivent être restitués et le prêteur s'expose à des sanctions pénales. Consultez le taux en vigueur sur le site de la Banque de France avant de signer.
Comment choisir un taux raisonnable
Il n'existe pas de taux « officiel » pour un prêt familial. Deux repères sont souvent utilisés :
- le taux du livret A ou l'inflation, lorsque le prêteur souhaite simplement ne pas perdre de pouvoir d'achat ;
- un taux inférieur à celui que proposerait une banque à l'emprunteur, pour que le prêt reste avantageux pour lui.
Exemple : pour 10 000 € prêtés sur 48 mois à 2 %, la mensualité est de 216,95 € et le total des intérêts de 413,60 €. Faites le calcul pour votre cas avec le simulateur.
L'imposition des intérêts chez le prêteur
Les intérêts reçus sont des revenus de capitaux mobiliers. Le prêteur les déclare chaque année dans sa déclaration de revenus. Ils sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d'impôt sur le revenu, auxquels s'ajoutent les prélèvements sociaux, portés à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026. Soit 31,4 % au total.
Le prêteur peut opter pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu si c'est plus favorable, par exemple s'il est non imposable. Cette option vaut pour l'ensemble de ses revenus de capitaux de l'année ; les prélèvements sociaux restent dus.
Exemple : pour 200 € d'intérêts reçus dans l'année, l'imposition forfaitaire est de 62,80 €.
Du côté de l'emprunteur
Le capital reçu n'est pas un revenu : l'emprunteur n'a rien à payer dessus. Les intérêts qu'il verse ne sont pas déductibles de ses revenus lorsqu'il s'agit d'un prêt personnel. En revanche, celui qui verse des intérêts doit en principe les déclarer à l'administration (déclaration n° 2561), afin que celle-ci puisse les rapprocher de la déclaration du prêteur. Renseignez-vous auprès de votre service des impôts sur la marche à suivre.
Questions fréquentes
Peut-on prêter à 0 % sans risque fiscal ?
Oui. Un prêt sans intérêts est licite et ne génère aucun impôt. L'important est qu'il soit réellement remboursé, pour ne pas être regardé comme une donation.
Que se passe-t-il si le taux n'est pas écrit ?
Les intérêts convenus oralement ne peuvent pas être réclamés au taux prévu. Si des intérêts sont dus, ils sont calculés au taux d'intérêt légal.
Sources officielles
À lire ensuite
Les informations de cette page sont générales et données à titre indicatif. Elles ne remplacent pas le conseil d'un notaire, d'un avocat ou de l'administration fiscale, seuls à même d'examiner votre situation.