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Prêt Familial

Prêt familial ou donation : quelle différence ?

Mis à jour le 4 octobre 20263 min de lecture

Un prêt se rembourse, une donation est définitive. La frontière paraît évidente, mais un prêt mal documenté ou jamais remboursé peut être traité comme un don, par le fisc comme par les héritiers.

Deux opérations opposées

Dans la donation, définie à l'article 894 du Code civil, le donateur se dépouille immédiatement et irrévocablement d'un bien au profit de celui qui l'accepte. Dans le prêt, l'emprunteur doit rendre ce qu'il a reçu.

Les conséquences ne sont pas les mêmes :

PrêtDonation
L'argent revient-il ?OuiNon
ImpôtAucun sur le capitalDroits de donation au-delà des abattements
DéclarationFormulaire 2062 au-dessus de 5 000 €Déclaration de don, quel que soit le montant
Dans la successionLe solde dû est un actif de la successionLa donation est en principe rapportée pour rétablir l'égalité entre héritiers

Les abattements en cas de donation

Une donation n'est pas forcément taxée. Chaque donateur dispose, pour chaque bénéficiaire, d'un abattement qui se reconstitue tous les 15 ans :

BénéficiaireAbattement
Enfant100 000 €
Petit-enfant31 865 €
Époux ou partenaire de Pacs80 724 €
Frère ou sœur15 932 €
Neveu ou nièce7 967 €

S'y ajoute le « don familial de sommes d'argent » : 31 865 € exonérés, tous les 15 ans, au profit d'un enfant, d'un petit-enfant ou d'un arrière-petit-enfant majeur, si le donateur a moins de 80 ans. Un parent peut ainsi transmettre jusqu'à 131 865 € à chaque enfant sans droits.

Une exonération temporaire supplémentaire existe jusqu'au 31 décembre 2026 pour les dons d'argent destinés à certains projets de logement, sous conditions strictes. Vérifiez-les sur impots.gouv.fr avant d'y recourir.

Ces chiffres sont ceux en vigueur à la date de mise à jour de cet article.

Quand un prêt est requalifié en donation

L'administration fiscale peut soutenir qu'un prétendu prêt était en réalité une « donation déguisée » et réclamer les droits de donation, des intérêts de retard et des pénalités. Les indices qu'elle retient :

  • aucun écrit, ou un écrit rédigé après coup ;
  • aucun remboursement, ou des remboursements symboliques ;
  • une durée irréaliste au regard de l'âge du prêteur ;
  • un emprunteur manifestement incapable de rembourser.

Le même débat peut naître entre héritiers : au décès du prêteur, les frères et sœurs de l'emprunteur ont intérêt à faire reconnaître soit que la somme reste due, soit qu'il s'agissait d'un don à rapporter à la succession.

Comment se protéger

  • Signez un écrit avant ou au moment du versement.
  • Prévoyez un échéancier crédible et respectez-le par virements.
  • Déclarez le prêt s'il dépasse 5 000 €.
  • Pour les sommes importantes, faites enregistrer l'acte ou passez devant notaire.

Transformer un prêt en donation

Le prêteur peut décider de renoncer au remboursement de tout ou partie de la somme. Cette remise de dette est une donation indirecte : elle doit être déclarée comme un don, et elle utilise les abattements du donateur. Faite dans les règles, elle est souvent exonérée entre parents et enfants. Faite en silence, elle expose à un redressement et à des tensions entre héritiers.

Et les petits cadeaux ?

Les « présents d'usage », offerts à l'occasion d'un événement (anniversaire, mariage, réussite à un examen) et d'un montant raisonnable au regard des moyens du donateur, ne sont ni taxés ni à déclarer. Ils ne sont pas non plus à rembourser : ce ne sont pas des prêts.

Questions fréquentes

Vaut-il mieux prêter ou donner à son enfant ?

Si vous n'avez pas besoin de récupérer la somme et que vos abattements sont disponibles, la donation est simple et définitive. Si vous voulez conserver cette somme dans votre patrimoine ou préserver l'égalité entre vos enfants, le prêt est plus adapté.

Peut-on annuler une dette familiale ?

Oui, par une remise de dette. Elle est traitée comme une donation et doit être déclarée à l'administration fiscale.

Sources officielles

À lire ensuite

Les informations de cette page sont générales et données à titre indicatif. Elles ne remplacent pas le conseil d'un notaire, d'un avocat ou de l'administration fiscale, seuls à même d'examiner votre situation.